Sarah Bettens et moi et moi et moi.
Sarah bettens…En cette période de mauvaises nouvelles et d’incertitude quant à mon avenir proche, personne d’autre que Sarah B pouvait me replonger dans l’insouciance et le bien être. Oui, Sarah ne m’a jamais lâchée pendant les mauvais moments.Je voulais trouver de nouveaux sites sur Sarah et puis je tombe inévitablement sur un site anglophone faisant état de sa sexualité, de son nouveau bonheur avec la femme de sa vie, et peut être des enfants dans l’avenir.Pourquoi ça me rend mélancolique ? Peut être déjà parce que je vois Sarah qui elle aussi vieilli, je revois des photos où elle était brune, blonde, cheveux longs, puis courts, puis sans chiveux, puis re blonds, puis relongs, puis re naturels. Un retour en arrière, un retour aux sources. 10 ans déjà qu’elle est entrée dans ma vie. En 1994 tout d’abord, à la radio, mais bon à cette époque, j’étais autiste pour le monde extérieur de la maison donc bon…Quand je suis tombée accro cette fois ci sur not an addict, elle n’avait même pas de visage pour moi. Je n’aurai pas su dire si c’était un homme ou une femme qui chantait. Ce n’est que par un heureux hasard que j’ai eu le réflexe d’enregistrer le passage de K’s choice à Nulle Part Ailleurs au printemps 1996. ( 1996 quelle année décisive d’ailleurs ) Pitaing en plus, elle est plus que jolie. Elle a de la prestance, et cette voix. Putaing, cette voix…Paradise in me portait bien son nom. J’ai passé mon été dans ma nouvelle chambre à essayer de marquer mon univers, et à écouter K’s choice. A rêver, à être malheureuse aussi, parce que j’avais compris que ça y est, le coup de foudre était tombé, et que je n’avais qu’un CD ; je n’avais rien d’autre sur eux, je ne savais rien, à part qu’ils étaient belges… Et qu’ils allaient me poursuivre un bon bout de temps. Déjà pointait l’idée que depuis ma chambre, je n’aurai jamais l’occasion de pouvoir concrétiser tout cet amour et un jour pouvoir le partager avec eux. Oui, quand on a 15 ans, on rêve encore… malgré tout.Ma rencontre avec K’s choice marquait du coup mon entrée au lycée.Ah ça pour les avoir fait chier avec K’s choice au lycée, j’en ai traumatisé plus d’un, mais en a converti d’autres quand même. Voilà, en gros à quoi peut se résumer ma période lycée : K’s Choice, Chaplin, Tennis, François et les autres, Muse et Kent sur la fin.Leur album suivant, Cocoon Crash, les a définitivement lancés sur le devant de la scène. De la scène de l’Olympique à Nantes entre autre, en 1999. J’y étais. Au deuxième rang, et comme une fan de boys band, j’ai failli m’évanouir, quand Sarah est apparue sur scène. Faut dire qu’elle sait y faire.J’ai survécu au concert, aux pogoteurs, aux deux gouines juste devant moi, qui trouvaient que je les collais d’un peu trop près ; ben oui en même temps c’est un peu le concept d’un concert : d’être un tas de galettes collées les unes contre les autres, de sauter et hop se retourner ! Comme des crêpes quoi … arf arf.Eh ben j’ai pas regretté d’avoir survécu messieurs dames, et d’avoir attendu en t shirt en plein hiver devant la porte de la sortie des artistes, non seulement parce que du coup je suis tombée malade et ça m’a donné une excuse pour pas passer mon bac blanc de français, mais surtout pour.. Une séance photo et totographes avec Sarah et un regard que j’ai du lui lancer, qui en disait long… C’est tout, Je suis revenue à Rennes sur un nuage planant à 2000…C’était le bon temps… Sarah avait de beaux cheveux, K’s choice un bon public, des fans finalement supportables, parce que diversifiés et connaisseurs.Au fur et à mesure, j’ai vu le public de K’s choice puis de Sarah se remplir de lesbiennes, un vrai mur de gouines décolorées occupant les deux premiers rangs, notamment à Lille. Manque de pot, Sarah est apparue les cheveux bleus ce jour là. Joli pied de nez, même si ce n’est pas volontaire.Les années passent, je fais des infidélités à K’s Choice, mais j’ai toujours suivi d’un œil protecteur les aventures de ma Sarah. :DMais je n’ai pu rien faire, hélas, contre l’évolution de la chose. Le public et les fans ont changé. Sarah aussi. Enfin elle n’a pas changé, elle a tout simplement décidé d’être heureuse dans sa vie privée. Elle a écrit une chanson, All, qui y fait finement allusion. La dernière chanson de l’album Almost Happy, qui reste à ce jour le dernier album de K’s choice… La fin d’une époque et le début d’une autre. L’époque de celles qui se sont accaparé la nouvelle « identité » de Sarah, bien malgré elle.Elle qui, et c’est tout à son honneur, ne veut pas en parler et garde tout ça pour elle. Certes elle y fait allusion et reste vague. Ca s’appelle la finesse. Et la finesse est destinée aux gens intelligents. Faut croire que c’est tombé dans les noreilles de connes. Oui, de connes… Quel manque de respect d’afficher son nom dans la rubrique « lesbiennes célèbres » qui a souvent sa place dans les sites lesbiens. Et elles prétendent l’aimer, Sarah B, ces filles là ? Elle n’a rien demandé Sarah ; c’est limite de l’outing.Oui je suis mélancolique et déçue que Sarah soit maintenant devenue une icône, un fantasme à lesbiennes. Je préférais quand personne n’en faisait état, et limite quand personne ne les connaissait. Maintenant, c’est étalé sans aucun respect. Ah oui mais attention Tif Tif monte sur ses grands chevaux quand on fait quelque chose de pas bien à Sarah.Oui Sarah, je m’en fous comme de l’an 40 que tu aimes les filles. Même si ça nous fait un point commun de plus, les autres sont bien plus forts, et ils suffisent après tout…Je ne saurai pas exprimer comment et à quel point Sarah B a changé ma vie… Comment sa musique tout d’abord, puis elle, ce qu’elle est, ce qu’elle transmet sans parler, ce que j’ai pu recevoir d’elle avant que je ne sache absolument rien de sa vie, de son vécu...Ce que c’est frustrant de n’avoir que des mots banals pour exprimer l’exceptionnel, ce qu’il y a de plus absolu et de plus profond.Je me revois il y a bien 8 ans, vouloir lui écrire et me résigner parce que de toute façon ma lettre restera une lettre de fan parmi tant d’autres. Il y a encore 8 ans remarquez, K’s choice n’était pas si connu que ça, puis les gouines n’avaient pas encore mis le grappin sur Sarah, mais maintenant…Notez quand même ma performance, lors du concert de l’année dernière à l’Elysée Montmartre, j’ai réussi à sortir quelques mots dans le désordre certes, et sans sujet ni verbe, mais j’ai quand même réussi à faire comprendre à Sarah l’énorme place qu’elle a pris dans ma construction personnelle depuis mon adolescence. Elle m’a prise dans ses bras : même pas une fierté, c’est juste le bonheur absolu de toucher son rêve du bout des doigts ( PAS DE JEU DE MOT POURRI LES GOUINES SVP )Ma joie devait faire plaisir à voir, à en croire ma Sarah B à moi… JVoilà, finalement, c’est comme si c’était fini, j’ai rencontré Sarah et pu lui parler deux fois dans ma vie, la première j’avais 17 ans et la deuxième 23… Elle a pris des photos avec moi, elle m’a prise dans ses bras et m’a remercié. De quoi ? On pourrait se demander… De lui avoir témoigné mon affection et ma reconnaissance, ce qui est infiniment minime par rapport à ce qu’elle à pu m’apporter …Alors que devrais je lui dire ? Un merci est bien trop faible et puis en même temps, peut être sobrement suffisant.Une fois Sarah semblait touchée par l’amour de ses fans et expliquait qu’elle ne trouvait pas d’autre mots que merci. Qu’il n’y avait pas de mot pour décrire ce qu’elle ressentait. Alors je me dis que si je lui dis merci, peut être qu’elle comprendra… Et que même si je me confonds malgré moi à la masse de fans, peut être que je lui apporte autant.
